Archéologie environnementale de la France

Publié le jeudi 21 octobre 2010 · Mis à jour le jeudi 21 octobre 2010
Par Stéphanie Thiébault
Collection Archéologies de la France
Coédition La Découverte et Inrap
22 € – 180 pages
Sortie en librairie : novembre 2010
Grâce au développement considérable des fouilles archéologiques préventives mais aussi aux progrès des techniques d’analyse, l’archéologie environnementale connaît un essor sans précédent. La compréhension des environnements du passé, de leur évolution, des impacts qu’ils ont subis et de la réaction du vivant (végétaux, animaux, humains) constitue un élément de réflexion fort pour le présent et l’avenir de l’humanité. Depuis l’apparition de l’homme, et surtout depuis les débuts de l’agriculture, les sociétés humaines ont significativement modifié leurs écosystèmes et les cycles du vivant.
Plus récemment, elles ont commencé à altérer l’environnement global de la planète à une échelle encore inconnue jusque-là. Le développement, à partir des années 1970, des études paléoenvironnementales en archéologie par des chercheurs de plus en plus nombreux permet aujourd’hui de proposer une multiplicité de scénarios, passés comme futurs.
Ainsi, l’archéologie environnementale a une double fonction. Elle contribue à une meilleure connaissance de l’évolution de l’homme et des sociétés et prend part à l’évaluation, à la prospective et à la prise de décision concernant l’avenir de notre planète, par son approche historique des dynamiques socioenvironnementales. Fondé sur des analyses réalisées le plus souvent dans le cadre de l’archéologie préventive, cet ouvrage présente les différentes disciplines environnementales et les résultats les plus significatifs obtenus ces dernières années.

Stéphanie Thiébault, directeur de recherche au CNRS, est archéobotaniste. Elle est spécialisée dans l’analyse des charbons de bois issus des sites archéologiques, ou anthracologie, discipline qu’elle a contribué à développer en France et à l’étranger. Elle prend une part active à l’accroissement des études environnementales en archéologie par son implication dans l’enseignement et la recherche.

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Une nécropole du Bas-Empire dans la Drôme

Croze – Lotissement Les Terrasses de Savasse II

INRAP

code opération : HB 22010601
à Savasse, Drôme

Description

Préalablement à la construction d’un lotissement à Savasse, dans la Drôme, une nécropole de la fin de l’Antiquité a été mise au jour sur une superficie d’environ 1 400 m². Située au pied du village médiéval, au nord de Montélimar, en bordure de la vallée du Rhône, cette nécropole pourrait être en relation avec une voie et des constructions antiques précédemment identifiées lors de sondages au nord-est du site.

Résultats

Une nécropole du Bas-Empire
128 sépultures sont organisées en rangées est-ouest sur un replat de versant. Dans les tombes, majoritairement orientées nord-sud, les corps sont allongés sur le dos, la tête souvent au nord. L’espace régulier entre chaque fosse, l’absence de recoupement et de réutilisation des tombes suggèrent qu’aucune contrainte environnementale ne limitait l’extension spatiale de la nécropole. Même si les sols de circulation contemporains ne sont pas conservés, on pense que les sépultures étaient signalées en surface. Les premières datations fournies pas le mobilier et la typologie des sépultures permettent de rattacher cet ensemble au Bas-Empire (IVe-Ve siècles de notre ère).

Cercueils, coffrages de tuiles et inhumation en amphore
La plupart des sépultures sont constituées de coffrages en matériaux périssables. Une seule inhumation en amphore a été observée. Ces dernières étaient généralement réservées aux très jeunes enfants. Dans les sépultures utilisant des matériaux périssables, le corps est déposé dans un coffrage de planches clouées ou dans un contenant évoquant un tronc d’arbre évidé. Les cercueils, en planches clouées, sont présents uniquement dans la partie sud de la nécropole.
Dans 10 % des cas environ, les sépultures sont en bâtières : les coffrages sont réalisés avec des tuiles de second choix, de sections rectangulaire ou triangulaire, de même type que celles utilisées pour les toitures.
Le choix du matériau de construction des coffrages relève sans doute d’une mode ou simplement de la disponibilité des matériaux, mais ne semble pas avoir de rapport avec l’âge, le sexe ou l’appartenance sociale du défunt.

Les pratiques funéraires
Les pratiques funéraires sont bien définies et scrupuleusement respectées. Le dépôt de vases en céramique, sans doute lié à un banquet funéraire, est observé dans les trois quarts des sépultures, souvent au pied du défunt. Certains sont inhumés avec une demi-monnaie dans la bouche ou sur la tête. Quelques-uns sont enterrés habillés, comme en témoignent les quelques objets de parures retrouvés (boucles de ceinture, bracelets, perles de verre…), ainsi que de nombreuses chaussures, dont seuls les clous des semelles sont conservés.
L’homogénéité des pratiques funéraires révélée par la présence presque constante d’objets déposés dans les tombes, comme de la vaisselle, est une des caractéristiques de ce site. Rien ne permet de distinguer le rang social du défunt. La population inhumée, sans doute rurale, pourrait correspondre aux habitants d’une villa ou d’une agglomération proche.

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